Garorock, quand l’agriculture monte aussi sur scène !
Le 6 juillet 2026
Dans le cadre de son partenariat inédit avec le Festival du Lot-et-Garonne, GLHD s’est associé à TV Agri pour installer son plateau à deux pas de la mythique Garonne Stage, à Marmande. Pour cette 30e édition et sous une chaleur accablante, élus locaux et agriculteurs ont dressé un état des lieux critique de la filière agricole, débattu des leviers à activer urgemment et mis en perspective les atouts d’un territoire aux nombreux atouts.
Le Lot-et-Garonne est un cas unique en France : 78 productions agricoles différentes, premier département pour la fraise, le kiwi, le pruneau et les noisettes, un réseau hydraulique sans équivalent, un tissu économique solide construit autour de l’agriculture et de l’agroalimentaire.
Cette richesse, Gaëtan Malange, maire de Saint-Barthélemy-d’Agenais et vice-président de Val de Garonne Agglomération, l’a rappelée avec fierté : « Le Lot-et-Garonne s’est bâti autour de l’agriculture, mais aussi par la suite autour de l’agroalimentaire. C’est un territoire qui sait prendre soin de ses habitants, avec une grande qualité de vie. »
Mais derrière cette richesse, la réalité est difficile. Vincent Rigo, agriculteur à Virazeil et vice-président de la Chambre d’Agriculture du 47, s’est exprimé avec franchise sur les la souffrance de la filière. « On ne peut pas se targuer d’avoir la meilleure agriculture du monde et laisser crever ses paysans. 75 % des exploitations lot-et-garonnaises sont en difficulté. »
L’urgence climatique est bien réelle
En plein contexte caniculaire, la chaleur écrasante a donné au débat une résonance particulière. Claude Ménara, agriculteur céréalier, a témoigné de ce qu’il vit sur le terrain au quotidien : « L’année est compliquée, mais ce n’est pas que cette année. Ça se reproduit. On a subi le coup de chaleur du mois de mai. Là, tout le monde subit ces températures à plus de 40°. Je n’ai jamais connu de telles amplitudes thermiques. »
Raymond Girardi, maire d’Argenton et président de la communauté de communes des Coteaux et Landes de Gascogne, est lui aussi revenu sur le contexte climatique chargé et le besoin d’aller vers les solutions d’énergies décarbonées. « La question n’est pas pour ou contre les énergies renouvelables. Elle est : est-ce utile ou pas utile ? On a pris 1,5 degré en une vingtaine d’années. Le débat climatique est clos. On n’a pas le choix. »
Loïc Guitton, responsable du marché Agriculture à la Banque Populaire, a apporté une projection qui donne la mesure de la transformation en cours : « Aujourd’hui, 57 % des agriculteurs considèrent que demain l’énergie sera une source de revenus. D’ici 5 à 10 ans, 50 % des agriculteurs seront producteurs d’énergie. »

L’agrivoltaïsme : une solution, pas un palliatif
Sur ce point, Pascal Ferrer, maire de Caumont-sur-Garonne et agriculteur, a lui proposé une lecture historique : « L’agrivoltaïsme va créer un nouveau modèle économique. Comme la mécanisation a remplacé la traction animale et multiplié la production, l’agrivoltaïsme va permettre à certains agriculteurs de conserver leur capital foncier. »
Raymond Girardi a posé la condition sine qua non : « Si l’agrivoltaïsme doit permettre aux agriculteurs d’avoir un revenu parce que la production agricole ne rémunère plus – c’est non. Mais si l’agrivoltaïsme devient un complément de revenu pour sécuriser les exploitations pendant 40 ans – c’est oui ! »
C’est précisément ce modèle que GLHD développe sur le territoire, comme l’a rappelé Sophie Ahounto coordinatrice Nouvelle-Aquitaine chez GLHD : « L’idée n’est pas de mettre des panneaux partout. GLHD s’implante dans des espaces concentrés qui répondent à de vrais besoins et de vrais services rendus à l’exploitation agricole existante. On sent dans le Lot-et-Garonne une vraie énergie collective à développer des projets. »
Le raccordement réseau : le vrai frein
Les projets sont là. Les permis aussi, obtenus en 2023 et valides 10 ans. Dans les Landes de Gascogne : 3 projets, plus de 550 ha concernés par l’agrivotaïsme et 11 agriculteurs investis pour des exploitations en transition ou en installation. Mais la concertation avec RTE n’a toujours pas été lancée. Charles de Poumayrac, chef de projet GLHD, a résumé la situation : « On a des élus qui nous soutiennent, des agriculteurs qui sont moteurs et qui attendent pour certains d’installer leurs enfants. Pour autant, le frein aujourd’hui reste le raccordement. »
Raymond Girardi l’a rappelé : « On a les permis, on a le soutien des élus, on a les agriculteurs. Qu’est-ce qu’on attend pour passer aux actes ? »
David Portalès, président-fondateur de GLHD, a conclu l’émission en remettant le projet en perspective, soulignant au passage le soutien important du territoire dans la faisabilité des initiatives : « Si on a mis 10 ans à faire ce projet qui reste unique en France — toujours pas construit, mais qui a obtenu toutes les autorisations — c’est parce qu’on s’est appuyé sur un territoire remarquable. On attend une politique publique affirmée et un signal politique fort. »
Ce débat, filmé en plein cœur du festival, restera comme un moment particulier : celui où la musique, la terre et l’énergie se sont retrouvées autour d’une même table. Ce qu’il faut maintenant, c’est que le réseau suive. Comme pour le climat, il y a urgence.
Revivez l’émission complète :